Ololygi

Un récit de Ludovic Wiart publié sur Novelarium


Dans la charrette brinquebalante qui les ramène à la ferme, Lennart sert fort le bocal entre ses jambes. Il a glissé autour l’une des vieilles couvertures que le vieux Vanderdam conserve toujours sur la plateforme ; autant pour amortir tout choc potentiel que pour s’épargner la vue de la drôle de bête. Dans le marché bondé, il avait l’habitude d’en apercevoir sur les étals. Mais jamais il n’a plongé son regard dans celui d’une de ces créatures. Et celle-ci le lui a rendu, pour ne plus le lâcher des yeux. Entre la chaleur qui semble n’en plus finir et les oscillations causées par les irrégularités de la chaussée, son malaise cède bientôt la place à l’assoupissement. Lorsqu’il rouvre les yeux, la route est d’une tout autre qualité. Les groupements de fermiers des polders gèrent cette partie du réseau, et ne lésinent pas sur les dépenses d’ouvrage. Initialement établis pour assurer la sécurité commune en supervisant l’entretien des digues, leurs prérogatives ne cessent de s’étendre. Le vieux Vanderdam ne manque jamais une occasion de pointer les économies potentielles et de rouspéter sur le montant des redevances. Au moins, ces critiques-là ne lui sont pas adressées, contrairement au flot ininterrompu de remontrances auquel il fait face depuis son placement. Mais cette vie de labeur lui convient toutefois mieux que celle à la paroisse. L’activité physique et le grand air ont transformé l’orphelin chétif en main-d’œuvre efficace. Ses journées se ressemblent toutes, avec peu de temps pour gamberger, et c’est très bien comme cela. Le vieux n’est pas très bavard, mais Lennart lui-même n’a jamais su s’exprimer autrement qu’avec ses poings. Le soleil est déjà bas dans le ciel quand la ferme se profile à l’horizon. Lennart est fourbu par le long trajet inconfortable, et n’aspire à rien d’autre qu’à un bol de gruau et à s’allonger sur sa paillasse. Mais il ne se berce d’aucune illusion. La liste de corvées que lui assène le vieux fermier lorsqu’ils mettent pied à terre correspond peu ou prou à ce qu’il avait imaginé. Sa nuit sera courte. Lennart vient d’achever le contrôle des pompes des canaux de drainage. À part les habituelles feuilles charriées par le vent et les quelques bestioles noyées qu’il a dû retirer à l’épuisette, tout semble en ordre de marche. La digue de sable et de terre est dans le même état qu’avant leur départ pour le marché, et le moulin à vent tourne à un rythme lent mais constant. La mule a reçu ses soins après le long trajet du jour. La fosse aux cochons est nettoyée et ses occupants en train de se remplir la panse. Il ne lui reste plus qu’une tâche sur sa liste avant de faire sa toilette et de se coucher. Le haut bocal est toujours là où ils l’ont laissé. Lorsqu’il retire la couverture, la créature est dressée sur ses pattes arrière, appuyée contre la paroi de verre, le cou tendu vers le gros bouchon de liège perforé qui scelle son ouverture. Dépliée ainsi, sa taille atteint les trois pieds de long. Comme si elle craignait d’être réprimandée pour avoir été surprise en flagrant délit, elle se recroqueville aussi loin que possible du garçon. Sous la lumière de la Lune, sa peau a pris une teinte cuivrée. Tout comme les pupilles surdimensionnées qu’elle garde braquées dans sa direction. Bien qu’il n’y accorde que peu de crédit, il ne peut s’empêcher de repenser aux légendes qui entourent leur origine. Certains prétendent que les premiers spécimens auraient été aperçus peu après qu’un valet de ferme aux pieds palmés et sa dulcinée avaient pris la clé des champs pour échapper au père de cette dernière, qui s’opposait à leur union. D’autres encore évoquent un jeune berger à la voix envoûtante dont on avait perdu un jour la trace dans les marais. Le vieux Vanderdam doit être le dernier fermier de la région à ne pas encore avoir fait l’acquisition d’un de ces kwakmannen. Si leur existence est connue depuis aussi loin que remontent les mémoires, ce n’est que depuis quelques années que leur commerce s’est établi. Les anciens avaient pour coutume de se rendre dans les marais à chaque nouvelle lune pour écouter leur mélopée. Des claquements secs indiquaient la sécheresse et la chaleur, tandis que des croassements gutturaux étaient le signe de l’arrivée de la pluie. Mais les fermiers, dont l’impatience a cru avec leur obsession de la rentabilité, ne se sont plus satisfaits de ces prévisions mensuelles et du périple toujours plus long à la recherche de marais non encore asséchés. Ce qui a conduit à une solution plus radicale. Heureusement pour les braconniers qui ont fait de leur capture et de leur vente leur gagne-pain, les kwakmannen ne font pas de vieux os en captivité, ce qui leur assure une source de revenu constant. Des petits malins ont bien tenté d’en acheter plusieurs d’un coup pour les faire se reproduire, mais cela s’est révélé une impasse. Vanderdam a repoussé encore et encore cet investissement indispensable, attendant une hypothétique baisse de prix. Lennart a fini par lui faire entendre raison. Ce qui ne signifie pas pour autant que le vieux a déboursé son argent de bonne grâce. D’autant plus que la sécheresse qui sévit depuis l’été met les nerfs des fermiers à vif et a encore fait grimper les tarifs. Maintenant qu’il a le petit prévisionniste sous les yeux, Lennart se demande s’il a bien fait d’encourager son maître dans cette voie. Il n’a jamais entendu quiconque mentionner autre chose que les avantages de posséder l’un de ces êtres. Mais après en avoir observé un de près, ce n’est plus la même chose. N’est-ce pas de la peine et de la peur qu’il croit deviner dans son attitude ? Sans compter la charge de travail additionnelle : il a curé la fosse, l’a remplie d’eau propre, construit la cage d’osier, installé la corde et le crochet qui la maintiendrait partiellement immergée. Le vieux n’a rien trouvé à y redire, ce qui est en soi une preuve qu’il a fait du bon travail. Malgré la fatigue, il prend son temps et fait en sorte que la brouette ne tressaute pas trop. Précaution probablement inutile, car le gros batracien a étendu ses pattes palmées de part et d’autre et ne semble ainsi pas craindre les secousses. Cette même position est en revanche bien plus pénible maintenant que Lennart tente de faire sortir la bestiole pour la transférer dans sa cage. Celle-ci est pourtant bien plus spacieuse que son étroit bocal. Ne voit-elle pas tout le soin qu’il a mis dans son aménagement ? Tous les garçons de ferme n’auraient pas eu autant d’attentions envers un vulgaire kwaker. Il a entendu des histoires. Certains prennent les créatures pour des défouloirs, tout comme les fermiers passent leurs nerfs sur leurs valets. Après avoir tourné le problème dans tous les sens, et accablé de fatigue, Lennart trouve enfin une solution acceptable. Il glisse le bocal entier dans la cage, avant de retirer son bouchon. Il réfléchira plus tard à un moyen de le récupérer sans risquer de laisser la créature s’échapper. Avant de refermer le couvercle, il puise une poignée de harengs séchés dans un seau qu’il avait préparé à cet effet et les glisse dans la cage. Il étouffe un bâillement en vérifiant une dernière fois que le couvercle est solidement fixé, puis décide qu’il a bien mérité d’aller s’allonger. Hans – c’est ainsi qu’il a baptisé la créature des marais, sans certitude aucune sur son sexe – est installé à la ferme Vanderdam depuis trois semaines à peine, quand leur parviennent les premières rumeurs concernant l’Inquisition. C’est par Pieter DeVries, le propriétaire de la ferme jouxtant la leur et avec qui Vanderdam partage le moulin de polder, qu’ils apprennent leur présence en ville. Ils seraient arrivés à Reimerswaal la semaine précédente. Il ne les a pas vus, occupé qu’il était à vendre ses légumes, mais il affirme avoir aperçu tout un attroupement autour de l’édit royal placardé sur la place centrale. De ce qu’il avait entendu dire lorsqu’il était encore à la paroisse, la stratégie des émissaires de Charles Quint est toujours la même : après la lecture du Placard impérial, ils annoncent l’ouverture d’un temps de grâce. Autrement dit, toutes les digues qui maintiennent habituellement la cohésion entre les habitants s’effondrent d’un coup. Tous les griefs, toutes les rancœurs entre voisins remontent d’un coup à la surface. Parfois, ils se heurtent à une communauté très soudée, ou dans laquelle un système de gestion des querelles est déjà en place et fonctionnel, mais c’est l’exception. La plupart du temps, les dénonciations réciproques sont la règle. Les luthériens et plus encore les anabaptistes sont dans le viseur des commissaires inquisiteurs. Lennart ne connaît pas toutes les spécificités de ces déclinaisons de la foi chrétienne, mais, étant donné les moyens déployés par le pouvoir impérial et l’Église pour y mettre fin, il s’imagine les pires déviances. Ce qu’il craint par-dessus tout, c’est que la présence de l’Inquisition ne compromette sa fête préférée : la Saint-Martin. Marquant la fin des récoltes et le début de l’hiver, elle est l’une des rares échappatoires pour les garçons de ferme des environs. Après l’abatage du cochon et la préparation de toutes les saucisses et autres salaisons en prévision de la saison froide, le vieux Vanderdam lui laisserait l’après-midi de libre. Il creuserait alors des navets pour en faire des lanternes et se joindrait aux processions. En particulier, Lennart soupçonne que la tradition consistant à répandre du sang devant le seuil au et aux quatre coins du bâtiment pour s’assurer une protection contre les esprits pendant cette période de faible luminosité ne soit pas du goût des hommes en robes noires. Les prévisions d’Hans se révélèrent encore plus précises que ce qu’ils avaient imaginé. Ils prennent quelques instants, matin et soir, pour prêter l’oreille aux bruits de la créature suspendue au-dessus de sa fosse. C’est rapide, à part en cas de temps stable, où il faut attendre un peu pour s’assurer qu’elle reste silencieuse. Les premiers jours, ils se contentent de confronter leurs observations aux indices auxquels les fermiers se fient de tout temps ; un ciel orangé au couchant est le signe qu’il fera beau le lendemain ; un ciel orangé le matin signifie l’arrivée de la pluie. L’altitude à laquelle volent les hirondelles. L’heure des semailles d’hiver approche, et les finances du vieux Vanderdam ne lui autorisent pas la moindre erreur. S’ils sèment trop tôt froment et seigle, un ultime redoux livrerait les graines aux oiseaux. Mais attendre que la terre soit suffisamment ramollie par les pluies d’automne est tout aussi risqué, car un gel précoce serait tout aussi dommageable. C’est pourquoi, une fois le vieux rassuré sur les capacités de leur prévisionniste palmé, Vanderdam ordonne de semer lorsque les croassements ininterrompus de Hans se font entendre. Il est en cela conforté par le douloureux réveil de ses rhumatismes, explique-t-il, qui corrobore l’arrivée imminente des précipitations. Les premières gouttes se mettent à tomber alors qu’ils sont en train de finir le tout dernier arpent de terre. Pour la première fois depuis le passage de l’Office des Eaux au cours de l’été, qui a réévalué à la hausse la surface cultivable protégée par la digue, et donc l’impôt afférent, le vieux desserre les dents. Le soir, il laisse Lennart se resservir en petite bière sans rechigner, et lui confie même un petit bol de ragoût de poisson à apporter à Hans en guise de récompense. Ils ne surent jamais qui avait vendu la mèche pour les kwakmannen. Mais, que ce soit un garçon de ferme qui avait reçu une correction un peu trop appuyée, ou un des braconniers qui était passé à la question ne changeait rien au résultat. Malgré les bons services rendus par Hans, il allait falloir s’en séparer. Le contenu du nouveau Placard qui a été installé dans tous les bourgs de Zélande est désormais connu de tous : *Par autorité de Sa Majesté Impériale, le recours à toute créature de nature incertaine pour en tirer présages est strictement prohibé. Une période de grâce s’ouvre à compter d’aujourd’hui, et ce, jusqu’à la Saint-Félix, où les pénitents sont invités à remettre lesdites créatures entre les mains des huissiers. Passé ce délai, tout contrevenant trouvé en possession de l’une d’entre elles sera déclaré comme hérétique et relaps, ses biens saisis et son corps livré au bras séculier pour être purifié.* La veille de l’échéance, Lennart tente encore de convaincre le vieux fermier. Il a déjà essayé de faire miroiter les avantages que pourrait représenter le fait d’être le seul fermier de la province possédant encore un prévisionniste ; il a proposé de travailler plus encore, si c’est seulement possible. Il joue son va-tout : il offre de charger Hans dans la charrette, de s’enfoncer dans la campagne, et d’y rester en attendant que l’inquisition aille inquisitionner ailleurs. Mais Vanderdam reste inflexible. Sur la route de Reimerswaal, le silence règne. Le vieux a accepté la proposition de DeVries, qui y livre son propre kwaker, d’y conduire Lennart et Hans. Le fermier voisin a été surpris de la question de Lennart quand ce dernier lui a demandé le nom de sa créature, et n’a pas relancé la conversation depuis. Le garçon de ferme ne quitte pas Hans et son compagnon d’infortune des yeux. Leurs cris ont pris une tonalité qu’il n’a jamais entendue jusque-là. Il croit y déceler successivement la surprise puis la colère, comme si la captivité de leurs semblables leur était moins supportable que la leur. Si c’est le cas, la vue des dizaines de charrettes convergeant vers la place centrale de la ville n’est pas de nature à améliorer leur humeur. Ils ne sont visiblement pas les seuls à avoir attendu le dernier jour pour se conformer à l’édit impérial. Lennart ne peut réprimer un frisson à la vue de l’immense bûcher édifié pour l’occasion. Lorsque l’un des huissiers s’approche pour réceptionner leur chargement, il tente d’agripper la cage de Hans dans un geste désespéré, mais DeVries lui saisit fermement le poignet et indique au fonctionnaire d’une voix détachée de se dépêcher. À la mi-journée, la foule est dense quand le Grand Inquisiteur prend la parole. DeVries, qui souhaitait partir au plus vite, n’a pas réussi à convaincre Lennart malgré tous ses avertissements : un bûcher n’est pas une vision anodine ; l’odeur vous suit pendant des jours ; et encore, avec la chair humaine, on sait plus ou moins à quoi s’attendre. Mais Lennart a refusé de bouger et ne perd pas une miette de la scène. Du discours de l’édile, seuls quelques mots parlent à l’audience : portenta, abominationes. Mais il n’est pas nécessaire de connaître le latin pour en deviner les grandes lignes : tenter d’anticiper la volonté divine, que ce soit en lisant dans les entrailles des animaux, ou à travers les cris de quelque créature que ce soit, revient à remettre en cause cette volonté. Lennart ne se souvient pas de quand ont débuté les chants. C’est en tout cas le mot qui lui vient à l’esprit pour désigner les croassements qui ont gagné en intensité jusqu’à couvrir tout à fait les paroles du prélat. De bruits au départ isolés, ils ont pris un rythme entêtant, pour atteindre ce qui ressemble à des incantations. Hans et ses semblables sont tous tournés dans la même direction, mais, quand Lennart lève les yeux, il n’aperçoit rien de particulier. Le Grand Inquisiteur semble être le dernier à ne pas l’avoir remarqué, tout à sa diatribe. Arrivé à son terme, devant la torpeur qui s’est emparée du bourreau et de ses assistants, il se saisit lui-même d’une torche. S’il est impensable pour un homme d’Église de donner la mort à un être humain par sa main, il ne trouve visiblement aucun obstacle théologique l’empêchant de se débarrasser de cette vermine. À la surprise de Lennart, c’est un silence de tombe qui s’installe alors. Les créatures ne font plus le moindre bruit ni n’esquissent le moindre mouvement. Seul le crépitement des flammes est audible pendant quelques longues secondes. Puis, c’est tout à coup un vacarme assourdissant qui s’élève de toute la ville. Dans les cours, les chiens tirent sur leur chaîne et aboient frénétiquement. Les chevaux ruent dans les étables. DeVries a toutes les peines du monde à maîtriser sa mule et jure entre ses dents. Des nuées d’oiseaux obscurcissent le ciel. Un vent à décorner les bœufs se lève et fait plier les arbres. Sous l’effet de cet apport d’air, le bûcher flambe de plus belle, et ses flammes viennent dangereusement lécher les premiers rangs des spectateurs. Lennart se dresse sur la charrette pour tenter d’apercevoir une dernière fois Hans, mais ne voit rien d’autre qu’une muraille de feu. Huissiers et miliciens tentent de ramener l’ordre dans cette foule agitée, mais aux premières rumeurs de malédiction, un mouvement de panique se déclenche. La suite n’est qu’une succession de flashs plus ou moins confus dans l’esprit de Lennart. Des bras qui tentent de s’agripper à la charrette ou à la mule et que DeVries repousse sans ménagement à grands coups de talon. Un cheval sans cavalier qui les double au galop, et qu’ils retrouvent plus loin les yeux exorbités en train de se noyer dans un canal. Ils pensent avoir fait le plus dur en atteignant les portes de la ville. Autour d’eux, les ailes des moulins battent à tout rompre tandis que le ciel s’assombrit prématurément. Bientôt, des rideaux de pluie s’abattent sur eux, réduisant encore la visibilité et transformant l’étroit chemin en ruisseau de boue. DeVries ne fait plus même mine de retenir ses jurons. Dans la semi-pénombre, ils entendent venir la vague plutôt qu’ils ne la voient. Partout autour d’eux, les bruits sourds de troncs brisés comme des brindilles leur parviennent. Pendant un court instant, les embruns se mêlent à la pluie battante. Puis Lennart se sent soulevé, avant d’être brutalement comprimé. Sa dernière pensée est pour Vanderdam. Comment va-t-il s’en sortir tout seul avec ses rhumatismes ? Mais qu’il se tranquillise ; ni le vieux ni aucun de ses voisins, qu’ils soient fervents catholiques, luthériens ou anabaptistes, n’auront plus à se préoccuper du temps qu’il fait, des taxes ou des travaux de la ferme. Ni de rien d’autre. *« ... ἢ μᾶλλον μετακύμονες ὀλολυγαί* *τρύζωσιν λιμναῖαι, γονέων ὡς κλήζει ὄνειδος... »* — **Aratos de Soles**, *Les Phénomènes* *(« … ou si les grenouilles, habitantes des marais, répètent leur plainte monotone, les nuages se résoudront en torrents de pluie. »)* Le 5 novembre 1530, jour de la Saint-Félix, un raz-de-marée causé par une forte dépression sur la mer du Nord a frappé la région de l’embouchure du fleuve Escaut. Les flots, poussés par les vents, ont submergé les digues et inondé les provinces de Flandre et de Zélande, rayant de la carte la ville de Reimerswaal ainsi que 18 villages et faisant plus de 100 000 victimes. Ces polders n’ont jamais été reconstruits et les terres rendues à la mer.